Dans le social et le médico-social, prévenir les risques psychosociaux suppose aussi de regarder celles et ceux qui passent leurs journées à accompagner, écouter, protéger et soutenir les autres.

Chaque jour, des éducateurs, moniteurs-éducateurs, accompagnants, travailleurs sociaux, professionnels médico-sociaux, cadres et responsables d’équipes sont présents auprès de personnes confrontées à la vulnérabilité, au handicap, à la précarité, à la rupture ou à des situations humaines particulièrement complexes.

Ils accueillent.

Ils écoutent.

Ils rassurent.

Ils contiennent parfois des situations difficiles.

Ils prennent des décisions.

Et le lendemain, ils recommencent.

Mais une question reste encore trop souvent en arrière-plan :

ceux qui prennent soin des autres, qui prend soin d’eux ?

Quand « tenir » devient une habitude

L’usure professionnelle ne se manifeste pas nécessairement par une rupture spectaculaire.

Elle peut s’installer progressivement.

Un professionnel peut continuer à travailler, assurer ses missions et rester engagé tout en sentant son énergie diminuer.

Une équipe peut continuer à fonctionner alors que la fatigue s’accumule.

Certaines journées professionnelles continuent même après avoir quitté l’établissement : une situation repensée le soir, une parole difficile qui reste en tête, une inquiétude concernant une personne accompagnée, une tension avec un collègue ou simplement l’accumulation de situations émotionnellement exigeantes.

Extérieurement, tout semble encore fonctionner.

Et pourtant, quelque chose commence parfois à s’user.

C’est précisément dans cet espace silencieux que la prévention prend tout son sens.

Prévenir avant la rupture

La prévention des risques psychosociaux ne devrait pas intervenir uniquement lorsqu’une situation est devenue critique.

L’arrêt maladie, le conflit majeur, l’épuisement ou le départ d’un professionnel constituent souvent la partie visible d’un processus commencé bien auparavant.

Prévenir signifie donc aussi créer les conditions permettant aux professionnels de reconnaître ce qu’ils traversent avant d’arriver à cette rupture.

Pouvoir déposer une situation.

Mettre des mots sur une fatigue.

Clarifier ce qui appartient au travail et ce qui continue à être porté intérieurement.

Prendre conscience de son niveau d’énergie.

Retrouver suffisamment de recul pour continuer à exercer son métier sans s’y perdre.

Ce travail de prévention n’a rien de spectaculaire.

Mais il peut devenir essentiel lorsqu’il s’inscrit dans la durée.

Les professionnels n’ont pas toujours besoin d’une solution immédiate

Lorsqu’une personne exprime une difficulté, notre premier réflexe peut être de chercher une réponse.

Pourtant, dans certaines situations, le premier besoin est ailleurs.

Être réellement écouté.

Disposer d’un espace où l’on peut parler sans devoir immédiatement résoudre, expliquer ou justifier ce que l’on ressent.

L’écoute ne remplace ni le management, ni la médecine du travail, ni la psychologie, ni les dispositifs institutionnels existants.

Elle occupe un autre espace.

Celui du dépôt.

Celui de la clarification.

Celui qui permet parfois à une personne de retrouver suffisamment de recul pour identifier elle-même ce dont elle a besoin.

Le manager ne peut pas porter seul cette fonction

Les responsables d’équipes jouent naturellement un rôle essentiel dans la qualité de vie au travail.

Mais leur demander de devenir également l’espace permanent de dépôt émotionnel de leurs collaborateurs crée une difficulté supplémentaire.

Le manager doit organiser, arbitrer, décider, accompagner et parfois recadrer.

Cette position hiérarchique peut également empêcher certains professionnels d’exprimer librement ce qu’ils vivent.

Créer un espace distinct permet donc de protéger simultanément deux fonctions : celle du management et celle de l’écoute.

L’une ne remplace pas l’autre.

Elles peuvent se compléter.

Passer d’une prévention ponctuelle à une présence dans le temps

Une conférence peut sensibiliser.

Une formation peut transmettre des outils.

Une intervention ponctuelle peut permettre de prendre conscience d’une difficulté.

Mais l’usure professionnelle, elle, ne se construit pas en une journée.

Elle peut apparaître progressivement, au fil des semaines et des situations rencontrées.

C’est pourquoi la question de la continuité mérite d’être posée.

Et si la prévention des RPS n’était plus seulement une intervention, mais une présence accessible dans le temps ?

Un dispositif auquel un professionnel sait qu’il pourra revenir.

Un espace qui existe avant même qu’une situation devienne urgente.

Une possibilité de déposer régulièrement ce qui s’accumule.

C’est cette réflexion qui se trouve au cœur de Clé du Calme.

Clé du Calme : soutenir ceux qui soutiennent

Clé du Calme est un dispositif permanent de prévention des risques psychosociaux et de préservation humaine, conçu pour soutenir durablement les équipes du social et du médico-social.

Le dispositif est pensé sur une période de 12 mois, afin d’inscrire la prévention dans la continuité plutôt que dans la réaction à l’urgence.

Il associe notamment des temps de sensibilisation et d’échange, des espaces réguliers d’écoute active ainsi que des supports permettant aux professionnels de déposer, mettre des mots et prendre du recul sur ce qu’ils traversent.

Clé du Calme ne cherche pas à se substituer aux dispositifs existants.

Il cherche à occuper un espace encore insuffisamment couvert :

celui d’une présence humaine régulière, accessible avant la rupture.

Parce que derrière chaque professionnel qui accompagne se trouve aussi une personne.

Une personne avec une énergie.

Des limites.

Des émotions.

Une histoire.

Et parfois simplement le besoin d’un endroit où déposer ce qu’elle porte.

Prendre soin de ceux qui accompagnent n’est donc pas un supplément de confort.

C’est aussi une manière de préserver durablement la capacité collective à prendre soin des autres.

Soutenir ceux qui soutiennent.

Clé du Calme – Dispositif intégral de prévention des RPS et de soutien humain permanent pour les équipes du social et du médico-social.

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